Un enjeu clef pour l'ICANN cette année porte sur les noms internationalisés, ou IDN (Internationalized Domain Names), et plus précisément les extensions IDN. Avant la fin 2009, l'ICANN pourrait autoriser la création d'extensions de ce type à la fois au niveau des "points pays" (ccTLDs) et des génériques (gTLDs).
Lors de la réunion des registrars de Rome, la responsable du programme IDN de l'ICANN Tina Dam est revenue sur la procédure dite "fast track" pour permettre aux pays qui le désirent de demander leur extension nationale en IDN. Il s'agit d'une procédure accélérée pour laquelle sont uniquement éligibles les pays inscrit sur la liste ISO 3166-1 (et le .EU). Pour résumer, ils peuvent demander le nom du pays écrit en caractères locaux, un .CHINE en caractères chinois par exemple.
Depuis l'annonce de cette procédure, plusieurs pays ont contacté l'ICANN pour témoigner de leur intérêt. La France n'en ferait pas partie, ce qui est assez logique puisqu'un .FRANCE n'apporterait rien de plus par rapport à un .FR…
Reste que le Fast Track IDN est, avec le programme des nouveaux gTLDs (pour lequel il a maintenant été confirmé que les IDN seront disponibles dès le lancement du premier cycle), LE grand dossier actuel pour l'ICANN. Un dossier qui divise la communauté ICANN.
D'un côté, les registrars et registres de gTLDs. La majorité du budget de l'ICANN vient d'eux, et pour fonctionner ils sont obligés de signer des contrats avec l'ICANN.
De l'autre, les registres de ccTLDs qui entendent avoir leur place à l'ICANN (ils y ont leur propre "comité de soutien", le ccNSO) mais se refusent à signer des contrats ou à participer de manière officielle au financement. Sachant que les ccTLDs sont considérées comme des ressources nationales, les pays ont toujours refusé de se "soumettre" à l'ICANN.
Seulement cette position a de plus en plus de mal à tenir lorsque ces mêmes registres demandent à l'ICANN de dépenser pour développer la technologie et les procédures nécessaires aux ccTLDs IDN. Les registres et les registrars gTLDs ne voient pas pourquoi ils devraient payer cette addition. On les comprend.
Alors si l'ICANN propose une procédure de fast track IDN, comment officialiser ses relations avec les registres nationaux concernés ? Faut-il un contrat, et comment ces registres doivent-ils participer financièrement ? A Rome, Tina Dam a indiqué que des propositions concrètes seraient publiées par l'ICANN avant la réunion mexicaine de début mars.
Si des terrains d'entente peuvent être trouvés sur ces propositions durant la réunion de Mexico, la procédure de Fast Track IDN pourrait alors être lancée dès l'été 2009. Paradoxe : les ccTLDs IDN seraient alors créées avant les nouveaux gTLDs, sur lesquelles l'ICANN a pourtant plus de contrôle…