Le 5 novembre dernier, le Conseil d'administration de l'ICANN a tenu une réunion exceptionnelle. Seul résolution à l'ordre du jour, un texte levant toutes restrictions sur les liens entre les registres et les registrars. Pour les nouveaux gTLDs, l'ICANN n'imposera donc pas de séparation contractuelle entre les deux principaux acteurs de la chaine d'enregistrement des noms de domaine.
L'importance de cette décision ne doit pas être sous-estimée. Le sujet de la séparation entre registres et registrars fait l'objet d'intenses discussions depuis des mois. Chaque camp a âprement défendu ses positions et ses intérêts. Des débats publics ont été organisés lors des réunions ICANN et ont souvent tourné à la confrontation directe. Un accord semblait impossible à obtenir. La sortie des nouveaux gTLDs risquait de s'en trouver retardée.
Pour donner un coup de pied dans cette fourmilière d'intérêts commerciaux divergents, le Conseil d'administration a décidé début 2010 d'imposer une règle de séparation stricte. En même temps, il a demandé au GNSO (l'entité qui fixe les règles pour les gTLDs) de trouver un consensus. Un groupe de travail a été créé. Avec plus de 70 membres, il est vite devenu le plus gros groupe de l'histoire du GNSO. Il a été lancé en mars 2010. Six mois après, le 18 août, le groupe publiait son rapport intermédiaire. Un constat d'échec. Aucun consensus n'avait pu être trouvé.
Dès lors, le Conseil d'administration a repris le sujet en main. Il a donc tranché : l'opérateur de registre d'une nouvelle extension générique pourra être une entité composée d'un registre et d'un registrar.
Cela veut dire que les registrars sont libres de coupler leur expérience et leur expertise à celles des registres pour assurer le succès d'une nouvelle extension. Ce type de "mariage" se voit déjà sur des extensions nationales. Un exemple, un registrar américain a fait équipe avec un registre irlandais pour lancer le .ME, l'extension du Monténégro.
Au-delà des intérêts commerciaux, au-delà de la libre concurrence que cette absence de restriction devrait encourager, et alors que la prochaine version du manuel du candidat est attendue incessamment sous peu, cette décision montre plus que jamais la volonté de l'ICANN de sortir les nouveaux gTLDs dans les mois à venir.