Le 2 décembre, c'est à dire quelques jours seulement avant la réunion de Carthagène censée permettre au Conseil d'administration de l'ICANN de ratifier le manuel du candidat, l'administration américaine a demandé par courrier à l'ICANN de ne pas le faire.
Pourquoi ? D'après la lettre, l'ICANN n'en a pas encore fait assez pour être en mesure de finaliser le programme, notamment en terme d'étude sur l'impact économique que pourrait avoir l'arrivée d'un nombre important de nouvelles extensions. Autre point de discorde, le manque d'explication par l'ICANN des certaines décisions récentes, comme celle sur la séparation entre les registres et les registrars par exemple.
Cette lettre est au cœur de toutes les conversations à Carthagène, à l'aube de la 39e réunion internationale de l'ICANN. De nombreux participants sont arrivés en pensant voir le programme des nouvelles extensions enfin lancé. Mais l'inquiétude est maintenant de mise. Car même si l'ICANN est aujourd'hui censé être indépendant des Etats-Unis, personne n'y croit vraiment.
Le Conseil d'administration va-t-il pouvoir ignorer une telle lettre ? Rod Beckstrom, le PDG de l'ICANN, a amené un premier élément de réponse. "Comme tous les commentaires que nous recevons, l'ICANN va examiner avec attention celui du Département du Commerce afin de déterminer comment réaliser au mieux l'implémentation du programme du GNSO," dit-il.
Faut-il voir dans cette réponse la volonté d'indiquer au gouvernement américain qu'il n'est plus en mesure de revendiquer un statut de privilégié ? La réponse sera donnée le 10 décembre, lorsque le Conseil d'administration prendra la décision de valider le manuel, ou de différer…