Wednesday, February 24. 2010
Dans l'affaire du .XXX, l'ICANN vient d'être jugé coupable de comportement injuste envers le candidat à la création de cette extension dédiée à la pornographie, ICM Registry.
Cette décision a été rendue par le panel d'arbitrage indépendant de l'ICANN. C'est la première fois que ce service est utilisé et ce dossier était perçu comme un test de son sérieux. Et de la volonté de l'ICANN de se soumettre à de vraies analyses indépendantes lorsque ses décisions sont contestées.
Or peu le furent autant que le .XXX. Cette extension demandée dans le cadre de l'appel à candidatures de 2003 (celui qui a également vu la création d'extensions comme le .ASIA, le .MOBI ou le .TEL), validée par le Conseil d'administration de l'ICANN, puis bloquée par l'administration américaine (la seule fois, sous l'ancien système qui donnait un droit de véto direct au gouvernement des Etats-Unis, que ce droit a été utilisé de manière aussi flagrante). Sous l'impulsion du PDG de l'ICANN de l'époque, Paul Twomey, et du Président du Conseil Vint Cerf, l'ICANN était alors revenu sur sa décision et avait retiré le feu vert accordé au .XXX.
Fort logiquement, le panel a considéré le comportement de l'ICANN dans cette affaire comme ni juste, ni indépendant, ni objectif. Concrètement, cette décision va amener l'ICANN à devoir couvrir l'intégralité des USD 473 744,91 de frais de procédure. Mais au-delà, son Conseil d'administration va maintenant devoir revoir la décision prise en 2007 de bloquer le .XXX.
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Friday, February 19. 2010
Dans ma tribune Journal Du Net cette semaine, coup d'oeil sur le sommet de l'ICANN à Nairobi et de manière plus générale, sur le fonctionnement de ces réunions et pourquoi elles sont importantes pour la gouvernance et le développement de l'Internet. La tribune est à lire ici.
Friday, February 12. 2010
Le régulateur de l'Internet joue la transparence. L'ICANN publie un rapport sur les salaires des principaux membres de l'équipe de direction.
On y apprend donc que Rod Beckstrom, PDG depuis le 1er juillet 2009 et engagé pour un contrat initial de 3 ans, gagne USD 750 000 par an, plus un bonus pouvant aller jusqu'à USD 195 000 (plus mutuelle et autres avantages sociaux habituels).
Doug Brent, le directeur général, gagne USD 270 000 par an, plus USD 24 000 de remboursements de frais d'habitation, plus un bonus pouvant aller jusqu'à 48% de son salaire de base.
John Jeffrey, le directeur juridique, a un salaire annuel de base de USD 230 000 avec un bonus pouvant aller jusqu'à 30% de son salaire.
Quant à Kurt Pritz, le responsable du programme de création des nouvelles extensions, son salaire annuel est de USD 245 000, avec un bonus allant jusqu'à 30% de ce salaire.
Il faut certainement s'attendre à voir des voix critiques s'élever devant ces salaires importants. Moi, j'ai envie de dire bravo à l'ICANN pour avoir oser la transparence. Et j'avoue que face aux salaires de certains dirigeants d'entreprise, ceux de l'équipe de direction de l'ICANN ne me choquent pas.
Ces gens là sont en charge de la coordination technique d'une ressource mondiale qui génère des millions chaque jour et permet à d'innombrables industries de fonctionner, sans parler de tous les autres avantages quotidiens que nous apporte l'Internet. Certes ils sont bien payés. Mais en tant qu'Internaute, je préfère si possible voir le réseau bien géré par des gens compétents. Si c'est le cas des membres de cette équipe, alors ils méritent amplement leurs salaires.
Sunday, January 24. 2010
Le Conseil d'administration de l'ICANN a décidé de maintenir la réunion de Nairobi, malgré les inquiétudes de certains participants quant aux éventuels risques sécuritaires.
On ne peut que se féliciter de cette décision, prise à l'issue d'une réunion spéciale vendredi dernier, permettant de ne pas tourner le dos au Kenya et aussi, certainement, d'impliquer davantage les pays d'Afrique dans les questions de gouvernance de l'Internet.
La réunion de Nairobi aura lieu du 7 au 12 mars prochain.
Wednesday, January 20. 2010
Cette question, aussi surréaliste qu'elle puisse paraître à prime abord, est en train d'être sérieusement considérée par l'ICANN.
Afin de comprendre pourquoi la question se pose, il faut peut-être rapidement rappeler l'énorme machine qu'est l'organisation d'une réunion ICANN et de ses 2 000 participants potentiels. Des budgets frôlant les 2 millions de dollars (USD 1,992 millions pour Seoul), une équipe entière dédiée à la réunion, de multiples visites préalables des villes candidates et des sites possibles pour tenir la réunion, et des participants du monde entier qu'il faut souvent aider et guider…
Au sein même de chaque structure de soutien, c'est également un sacré challenge. Prenons l'exemple du GNSO. En tant que vice président de cette structure, je supervise pour Nairobi la mise en place du programme du Conseil du GNSO pour l'intégralité de la semaine de réunion. Un travail effectué en collaboration avec les membres du Staff de l'ICANN dédié au GNSO, les membres du Conseil eux-mêmes, les présidents des groupes de travail et des groupes de réflexion montés par le GNSO… et les représentants d'autres structures de soutien comme le ccNSO (les extensions nationales) et le GAC (les gouvernements).
Ramené à l'échelle de l'ICANN dans son intégralité, le volume de travail est tel que la préparation d'une réunion commence souvent avant même la fin de la précédente.
Pour faire dérailler ce processus, il faut donc une raison très importante. Comme la sécurité des participants par exemple. Sur ce plan, pour diverses raisons, Nairobi inquiète. Une inquiétude qui a grandi à l'ICANN ces dernières semaines, au point de verser dans une sorte de psychose. Car y a-t-il vraiment plus de risque à aller au Kenya qu'en Egypte ou au Mexique, deux pays où l'ICANN a récemment tenu réunion ? L'ICANN doit-elle s'inquiéter quand des organisations comme l'OMC arrivent, dans des conditions de tension beaucoup plus grandes, à tenir leurs réunions ? Et n'est-ce pas le mauvais signal à envoyer que de refuser d'aller au Kenya, qui n'est quand même pas l'Afghanistan, pour une organisation comme l'ICANN qui se veut mondiale ? D'ailleurs, les hésitations de l'ICANN énervent visiblement les kenyans…
Le Conseil d'administration de l'ICANN se réuni vendredi (22 janvier). A priori, à l'issu de cette réunion, nous saurons si Nairobi est maintenu ou non. Et si l'annulation est votée, quelles mesures de substitution seront mises en place.
Wednesday, November 25. 2009
Après deux brèves et un article complet dans Les Echos la semaine dernière, Le Figaro parle de mon élection à la vice présidence du GNSO aujourd'hui, dans la rubrique "Les Décideurs".
Friday, November 13. 2009
Sunday, November 1. 2009
En ce qui concerne les extensions génériques (gTLDs), c'est à dire le .COM mais également toutes les nouvelles extensions qui verront bientôt le jour sur Internet comme le .PARIS par exemple, c'est le GNSO qui fixe les règles.
Cette entité regroupe toutes les parties prenantes susceptibles d'être concernées par les gTLDs dans deux chambres. La première est réservée aux entités ayant un contrat avec l'ICANN, c'est à dire les registres et les registrars. Dans la seconde on trouve les FAI, les avocats, les utilisateurs commerciaux (entreprises) et non commerciaux (particuliers par exemple).
A la tête du GNSO, son Conseil est l'organe décisionnel. Ses 22 membres ont donc une sacrée responsabilité : s'assurer du meilleur fonctionnement possible pour les gTLDs de l'Internet ! Du Whois aux devoirs des registrars vis-à-vis de leurs clients en passant par l'élaboration du programme des nouvelles extensions, le Conseil du GNSO se penche sur tous les aspects des extensions génériques.
A Séoul, la présidence de ce Conseil a été renouvelée. Chuck Gomes, un américain et le représentant des registres, a été élu président. Pour l'assister, chaque chambre a nommé un vice-président. Olga Cavalli, une argentine et la représentante des utilisateurs, a été nommée vice-présidente par intérim par la chambre "non contractés". J'ai été nommé vice-président définitif par la chambre des "contractés". Avoir un français à ce niveau du GNSO est une première. Ces trois mandats sont pour une année, et représente autant de travail que de responsabilités pour les trois personnes qui vont, sur les 12 mois à venir, tenter de faire en sorte que le Conseil du GNSO puisse être le plus productif possible.
Monday, October 26. 2009
La 36e réunion de l'ICANN est lancée. Ce lundi 26 octobre est la première journée officielle, même si pour certains, le travail a déjà commencé depuis deux jours. C'est mon cas, puisque avant chaque réunion de l'ICANN, le Conseil du GNSO passe le week-end en réunions et ateliers.
Un week-end qui se termine, le dimanche soir, avec un dîner entre le Conseil du GNSO et le Conseil d'administration de l'ICANN. L'occasion de discuter avec les membres du directoire, son président (le Néo-Zélandais Peter Dengate Thrush) et le PDG (Rod Beckstrom a remplacé Paul Twomey à ce poste il y a quelques mois – Séoul est sa première réunion officielle).
En tout, environ cent personnes se retrouvent dans une grande salle, autour de tables rondes d'une petite dizaine de places. Premier casse-tête : qui arrivera à s'asseoir à la même table que Peter Dengate Thursh ou Rod Beckstrom ? Pour éviter les foires d'empoigne, un algorithme est utilisé pour déterminer de manière aléatoire les places de chacun ! On est à l'ICANN après tout…
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Wednesday, September 30. 2009
L'histoire de la gouvernance de l'Internet est en marche. A partir d'aujourd'hui, et pour la première fois depuis sa création en 1998, l'organisme en charge de la régulation technique de l'Internet n'est plus sous le contrôle direct des USA.
L'ICANN annonce aujourd'hui la mise en place d'un document intitulé "Affirmation of Commitments" (AOC). Ce document de seulement 5 pages est une liste d'engagements entre l'ICANN et le Département du Commerce, mais il n'y a plus aujourd'hui de contrat entre les deux parties.
"Que veut dire ce document ? Que l'ICANN devient une entité globale," affirme son PDG Rod Beckstrom. "Nous nous engageons à faire des points réguliers sur la transparence de l'ICANN, sur nos performances en matières de sécurité... Auparavant, sous le JPA (le contrat qui liait l'ICANN aux Département du Commerce), ces points étaient faits au gouvernement américain. Maintenant, ces points seront suivis par des comités internationaux. Et faits à tous les pays."
L'AOC renferme quatre principaux engagements :
- - Maintenir la transparence de l'ICANN et œuvrer dans l'intérêt des Internautes.
- - Maintenir la sécurité et la stabilité de l'Internet.
- - Continuer à développer la concurrence sur le marché du nommage, tout en maintenant la confiance du consommateur.
- - Maintenir un WHOIS fonctionnel et sécurisé.
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Monday, September 28. 2009
Non le JPA – l'accord entre l'ICANN et le Département du Commerce américain qui expire le 30 septembre – n'est pas encore officiellement mort. Mais sa fin semble de plus en plus certaine.
A tel point que l'ICANN a déjà prévu de la fêter. Des invitations ont été envoyées pour une réception le jeudi 1er octobre afin de "marquer la fin du Joint Project Agreement entre le Département du Commerce américain" et l'ICANN.
Après l'article publié la semaine dernière par The Economist indiquant que le JPA serait remplacé par une série "d'engagements" et que le contrôle unilatéral américain ne serait plus, cette petite sauterie organisée par l'ICANN rend la perspective de la non reconduction du JPA quasi certaine.
RDV à Washington ce jeudi pour en avoir le cœur net.
Wednesday, September 2. 2009
L'an prochain, l'ICANN sera en Europe pour l'une de ses trois grandes réunions annuelles. Du 20 au 25 juin 2010, le régulateur de l'Internet tiendra séance à Bruxelles. Voilà une excellente nouvelle pour tous les français que la gouvernance de l'Internet intéresse, puisqu'il s'agira d'une réunion géographiquement très accessible.
D'autant plus que cette réunion interviendra à un moment clef dans le programme de lancement des nouveaux gTLDs. En effet, si le planning est respecté, le premier cycle d'appel à candidatures aura été lancé quelques mois avant cette réunion (estimation ICANN actuelle : février 2010). Les premiers projets seront donc connus et en cours de validation lorsque l'ICANN fera son escale bruxelloise.
Une réunion à ne pas manquer !
Wednesday, August 26. 2009
Le régulateur de l'Internet multiplie les initiatives pour améliorer l'interactivité de ses sites. Sous l'impulsion de son "directeur de la participation publique" Kieren McCarthy, plusieurs chantiers ont été ouverts.
Le premier est d'ores et déjà dévoilé sous la forme d'un appel à commentaire d'un nouveau type. Les périodes de commentaires sont au cœur du fonctionnement de l'ICANN, puisque le régulateur les utilise pour peaufiner ses stratégies et ses politiques. Un exemple : les nouveaux gTLDs, où chaque version successive du manuel du candidat a été en partie construite à partir des commentaires reçus.
Jusqu'à présent, il était uniquement possible de commenter par email. Ces derniers étaient ensuite compilés sur une page spéciale du site ICANN. Mais depuis hier, l'ICANN teste un système participatif avec un nouveau logiciel permettant à chacun de dialoguer sur un mode forum. Le but est de permettre à ceux qui commentent de créer des véritables conversations autour des sujets concernés par l'appel à commentaire.
Si vous voulez tester le nouveau système de l'ICANN, enregistrez-vous ici. Par ailleurs, l'ICANN espère pouvoir sortir une version remaniée de son site à temps pour sa prochaine réunion internationale (Séoul fin octobre).
Wednesday, July 1. 2009
Le bilan fiscal de l'ICANN pour l'année comptable 2008 (du 1er juillet 2007 au 30 juin 2008) donne les salaires des principaux cadres dirigeants. Des salaires que certains trouveront certainement élevés et que d'autres trouveront en rapport avec les fonctions clefs de régulation de l'Internet.
Premier salaire, celui du PDG Paul Twomey (tous les montants sont en dollars US ) : 691 610 plus 255 649 de contributions au plan d'épargne salariale.
Paul Levins, généralement considéré comme le bras droit de Paul Twomey, a reçu 263 946 de salaire et 84 110 de contributions.
Parmi les autres salaires intéressants compte tenu de l'actualité du moment, il y a par exemple celui de Kurt Pritz, le responsable du programme des nouveaux gTLDs à 318 846 de salaire principal plus 79 627 de contributions.
John Jeffrey, le directeur juridique, a gagné 314 500 de salaire et reçu 63 982 de contributions. On peut également noter les frais de $1 633 322 payé par l'ICANN au cabinet d'avocats Jones Day, qui doit se réjouir du nombre de procès et d'actions juridiques dans lesquels le régulateur de l'Internet est impliqué.
Sunday, June 21. 2009
Sauf surprise de dernière minute, l'ex patron du département de la cybersécurité américaine Rod Beckstrom sera le prochain PDG de l'ICANN.
L'homme est sur place à Sydney dans le cadre de la réunion ICANN, même s'il reste pour l'instant discret et peu visible. Il va néanmoins multiplier les rencontres en coulisses, notamment avec les équipes de l'ICANN et les membres des conseils et autres structures faisant partie du fonctionnement de l'ICANN.
Rod Beckstrom est un passionné de l'Internet, un bloggeur et un utilisateur actif de Twitter, réseau sur lequel il me fait l'honneur de me suivre.
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