Monday, January 4. 2010
2009 a été une année clef pour les registrars ICANN. Un nouveau contrat a en effet été négocié avec l'ICANN, les tractations, aussi longues que complexes, ayant abouties mi 2009.
Comme l'a souligné le PDG de l'ICANN Rod Beckstrom dans ses vœux de fin d'année, le nouveau contrat comporte des mesures de protections accrues pour les propriétaires de noms de domaine. Il y a notamment des dispositions plus strictes sur la sauvegarde des données, ou encore sur le fait de ne pas pouvoir supprimer ou renouveler un nom sans avoir au préalable notifié son propriétaire. Un ensemble de mesure visant à responsabiliser d'avantage les registrars.
Bien entendu, de nombreux registrars sont déjà très responsables. A n'en pas douter, les clients INDOM lecteurs de ce blog seront même étonnés d'apprendre que ce type de dispositions n'était pas déjà gravé dans le marbre, puisqu'elles font partie du niveau de service dont ils jouissent depuis des années.
Mais avec environ mille registrars accrédités ICANN dans le monde, le niveau est forcément très disparate. C'est donc dans le but d'homogénéifier au maximum les prestations de base (au-delà, libre à chaque registrar de se démarquer par sa propre philosophie et services) que ce contrat a été accepté par le groupe représentant les registrars au sein de l'ICANN (Registrars StakeHolder Group ou RrSG). Ce dernier a ensuite donné instructions à ses trois représentants au Conseil du GNSO (un Australien, un Américain et moi-même) de négocier dans ce sens. Résultat, un accord a été trouvé à Sydney, en juin 2009.
Alors que rien ne les y obligeait jusqu'à l'expiration de leur actuel contrat, de nombreux registrars (dont INDOM) ont immédiatement signé le nouveau contrat. Ils sont d'ailleurs identifiés sur le site de l'ICANN par un label spécial.
Un grand pas a donc été franchi. Pour autant, certains souhaitent déjà relancer les négociations sur une "nouvelle" nouvelle version du contrat ! Ce travail a même déjà été entamé par le biais d'un groupe de travail dédié au sein du GNSO. Un travail qui peut néanmoins paraître superflu, puisque l'ancien "nouveau" contrat, celui de 2009, court déjà sur 5 ans pour ceux qui l'ont signé. Au minimum, les premières signataires n'auront donc pas obligation de signer un autre contrat avant 2014.
Sachant que les ressources de l'ICANN sont déjà dispersées sur un nombre impressionnant de projets, tous sont lancés en même temps sans qu'aucun ne puisse aboutir, est-ce vraiment utile de relancer un travail qui vient d'être achevé ? Pourquoi ne pas plutôt se concentrer sur les sujets brûlants du moment, comme les nouvelles extension par exemple ? Cela s'appelle la "priorisation". Tiens, comme par hasard, c'est aussi un chantier sur lequel l'ICANN entend travailler en 2010…
Monday, February 9. 2009
Chez quels registrars sont les noms de domaine qui posent le plus de problèmes en terme de spam ou autres actions abusives type phishing ? Pour répondre au mieux à cette question, KnujOn compile chaque année une "liste noire", dont la version 2009 vient de sortir.
En parlant de cette liste l'an dernier, j'avais déjà expliqué la méthodologie de KnujOn (on ne prononce pas le "K", le nom vient en fait de l'anglais "no junk" (pas de saletés) écrit à l'envers). Le "Top 10" de la liste 2009 montre que certains registrars pointés du doigt en 2008 en su réagir. Mais ce n'est certainement pas le cas de Xin Net, ce registrar chinois étant pour la deuxième année consécutive en tête de ce triste classement.
Si certains ne s'étonneront pas de voir un registrar chinois dominer de tels débats, on peut néanmoins considérer comme plus surprenant de voir trois gros registrars américains aux trois places suivantes : eNom, Network Solutions et Register.com.
Les clients de ces sociétés feraient bien de prêter attention à ce classement. En effet, suite à la publication de la liste KnujOn 2008, l'ICANN était monté au créneau et avait menacé de suspendre l'accréditation de deux des registrars concernés, Beijing Innovative et Joker. Sachant que si l'ICANN avait mis ses menaces à exécution, les deux registrars en question n'auraient pu continuer à fonctionner, ils ont vivement réagi et ne figurent d'ailleurs plus du tout dans le classement KnujOn 2009.
Alors attention à ceux qui y figurent toujours. Pourraient-ils être prochainement sanctionnés par l'ICANN ?
Wednesday, September 24. 2008
Une nouvelle histoire de saisie par la justice américaine de noms de domaine inquiète au sein de la Registrar Constituency (le collège des registrars) de l'ICANN, où l'un des membres a tiré la sonnette d'alarme sur un ordonnance judiciaire délivrée le 18 septembre par un tribunal du Kentucky et demandant le transfert de 141 noms de domaine (tous des .COM) vers un compte public du Kentucky. Les noms seraient utilisés pour promouvoir des activités de jeu en ligne, ce qui est illégal dans l'état du Kentucky.
22 registrars sont concernés. Il y a des registrars américains bien sûr, mais plusieurs ne le sont pas. Parmi ces derniers, certains ont déjà indiqué qu'ils ne s'estiment pas soumis aux injonctions d'un état américain et qu'ils vont faire la sourde oreille. Pour les registrars américains, cette stratégie est certainement très risquée, même si aucun n'est domicilié dans le Kentucky. D'ailleurs, au moins un de ces registrars a déjà procédé au transfert des noms qu'il gère. La crainte logique de la Registrar Constituency, qui est l'entité officielle de représentation des registrars au sein de l'ICANN (INDOM en est membre), est de voir ce type d'ordonnance judiciaire utilisé de plus en plus souvent, et avec peu de discernement, si celle du Kentucky abouti. Au-delà, il convient également de se poser la question du véritable cadre juridique des noms de domaine utilisés pour des activités qui peuvent être légales dans un pays, voir même un état, mais pas dans les autres. Peut-on imaginer des .COM enregistrés par un chinois chez un registrar américain et utilisés pour vendre des objets Nazi, confisqués par un tribunal français ? La réponse est certainement positive, mais dans un tél cas, le registrar en question obéirait-il ?
Sunday, September 21. 2008
Une histoire fait scandale outre-Atlantique. Un groupe s'est spécialisé dans les faux anti-virus. Ils infectent les ordinateurs de leurs victimes à l'aide de logiciels espions déguisés en "Codec", les fichiers nécessaires au décodage et à la lecture de vidéos ou de musiques.
Le groupe de pirates en question – kilkvip.com – a monté une véritable industrie. Leur stratégie passe par la vente en masse de noms de domaine. Ainsi ont-il monté plusieurs registrars, qui vendent directement au public. Des registrars qui sont en fait des revendeurs. Ils ne sont pas directement accrédités par l'ICANN mais passent eux-mêmes par un registrar ICANN – Directi – pour enregistrer leur noms. La presse américaine fustige ces registrars pirates. Un amalgame issu d'une méconnaissance manifeste du système de commercialisation des noms de domaine. Car vu le nombre de plaintes reçues à propos des noms klikvip.com (l'un des sites de revente de noms de domaine lancé par les pirates a enregistré environ 100 000 noms en deux ans – mais la moitié ont déjà été inactivés par Directi suite aux plaintes d'utilisateurs victimes du piratage de klikvip.com), s'il s'agissait d'un registrar accrédité l'ICANN l'aurait certainement déjà suspendu.
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Friday, June 13. 2008
Une étude fait actuellement beaucoup de bruit. Réalisée par KnujOn, une association visant à combattre les abus liés aux emails comme le spam ou le phishing, elle pointe du doigt les "10 pires registrars en terme de spam".
Dans cette liste, par ordre de classement (le pire en premier), on trouve : Xinnet Bei Gong Da Software, Beijing Networks, Todaynic, Joker, eNom, Moniker, Dynamic Dolphin, The Nameit Co/Aitdomains.com, PDR et Intercosmos/Directnic. Pour dresser sa liste tout en obtenant des résultats cohérents, KnujOn a pris en compte la taille du registrar, c'est-à-dire le nombre de noms qu'il gère, pour le comparer au nombre de noms identifiés comme étant impliqués dans des actions de spam ou autres abus. KnujOn a également regardé les informations Whois, jugeant les noms avec des Whois erronés comme un paramètre de risque supplémentaire. Tout comme les cas d'usurpation de marques d'ailleurs. On le voit, il y a là un sacré travail. Il a d'ailleurs fait réagir l'ICANN. Le régulateur a d'abord rappelé, comme le fait également KnujOn, qu'il ne s'agit pas d'accuser les registrars eux-mêmes d'être à l'origine de campagnes de spam. Mais l'ICANN n'entend pas rester sans rien faire. Des comptes ont été demandés aux 10 registrars nommés dans l'enquête, y compris sur les aspects d'exactitudes des données Whois. "Si les regitrars en question ne font pas le nécessaire pour corriger les inexactitudes portées à la connaissance de l'ICANN, nous pouvons en dernier recours mettre fin à leur contrat d'accréditation et les empêcher d'enregistrer des noms de domaine," a expliqué Stacy Burnette, responsable du service de vérification des registrars de l'ICANN. Le message est clair.
Friday, March 28. 2008
Ces derniers mois, il y a eu plusieurs cas de registrars américains supprimant ou bloquant un nom de domaine pour éviter de se retrouver en délicatesse avec la législation de leur pays.
J'ai d'ailleurs relaté deux de ces cas : celui du politicien néerlandais Geert Wilders et également des noms d'un voyagiste spécialisé sur le Cuba. Suite à ces incidents, l'avocat américain John Berryhill offre une analyse juridique très intéressante. Son propos : les registrars américains risquent peut-être des amendes, voir pire, sans vraiment le savoir. Tout simplement en ayant en gestion des noms de domaine liés à des ressortissants de pays figurant sur la liste noire de l'Etat américain. Sur cette liste se trouvent des pays, des sociétés ou des individus avec lequel il est strictement interdit de travailler ou d'avoir des relations commerciales. John Berryhill donne pourtant plusieurs exemples de noms de domaine enregistrés par le biais de registrars américains, dont les propriétaires figurent sur cette liste. Sa conclusion : les registrars américains ne font pas assez attention aux noms qu'ils ont en portefeuille. Sous-entendu : si leur législateur se réveille un jour, ces mêmes registrars courent le risque de se voir sanctionnés. Vu d'Europe, on peut vraiment se demander s'il est encore raisonnable de laisser des noms chez un registrar américain. Au risque de se réveiller un jour avec des noms pris en otage, et un registrar qui ne répond plus…
Friday, March 28. 2008
Verisign vient de nous prévenir qu'à partir du 1er octobre 2008, leurs tarifs "registrars" (le prix payé par nous, les registrars, pour acheter un nom) allaient augmenter. Cela se fait dans les cadres des 7% d'augmentation annuels négociés par Verisign lors du renouvellement de leur contrat de gestion avec l'ICANN.
Comme d'habitude, cette augmentation n'aura aucun impact pour les clients INDOM, puisque nous prévoyons de l'absorber sans la répercuter auprès de nos clients. En revanche, de nombreux registrars reverront certainement leurs tarifs à la hausse puisque c'est ce qu'ils avaient fait lors de la précédente augmentation tarifaire pratiquée par Verisign.
Monday, March 24. 2008
Une nouvelle "affaire" est en train de naître. Et comme le sort a souvent tendance à s'acharner, c'est le registrar américain Network Solutions qui se retrouve une nouvelle fois au centre de la polémique.
Celle-ci porte sur le site de Geert Wilders, un homme politique hollandais controversé, puisqu'il considère le coran comme un livre raciste et souhaite le faire interdire au Pays-Bas. Sur son site, dont le nom de domaine a été réservé chez Network Solutions, Geert Wilders faisait la promotion de son prochain court-métrage, une critique du coran intitulée "Fitna". Le film, considéré comme dangereux car susceptible d'engendrer la colère des musulmans du monde entier comme l'avait fait la publication des caricatures du prophète Mohamed, est décrié par les autorités hollandaises. Des manifestations ont même eu lieu dans ce pays pour montrer que tous ne partagent pas l'extrémisme de Geert Wilders C'est dans ce contexte particulièrement difficile que Network Solutions a décidé d'invoquer une clause de ses conditions générales demandant à ses clients d'éviter "tout contenu préjudiciable de quelque nature que ce soit" pour suspendre le nom de domaine en question : fitnathemovie.com. Actuellement, le site de Geert Wilders est remplacé par un message (photo) indiquant sa suspension suite à la réception de nombreuses plaintes. Le registrar indique chercher a déterminer si le site viole ses règles de bon usage. .
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Tuesday, March 11. 2008
L'histoire de Stephen Marshall a de quoi inquiéter tous ceux qui ont des noms de domaine chez des registrars américains. Ce spécialiste du voyage vers Cuba utilisait plusieurs noms de domaine en relation avec ce pays pour faire fonctionner son affaire. Des noms comme cuba-che.com ou cuba-shopping.com.
Mais de façon assez opaque, le gouvernement américain a placé un certain nombre des noms de Digital Panorama, la société de Stephen Marshall, sur une liste noire. La raison : l'administration américaine considère les activités de Stephen Marshall comme génératrices de revenus pour le régime de Fidel Castro, contre lequel elle lutte. Ainsi en 2004, une annonce avait été publiée par le gouvernement en ce sens. Mais le "black-listage" des noms de Stephen Marshall a seulement été remarqué récemment par son registrar américain eNom. Ce dernier a donc, sans autre forme de procès, suspendu les noms, mettant ainsi un grave coup d'arrêt aux activités commerciales de Stephen Marshall (qui a depuis déposé des noms similaires, mais en .NET et auprès d'un registrar européen, dans l'espoir de reconstruire son activité). Précisons que ce dernier n'est ni américain (il est britannique), ni basé en Amérique (il travaille en Espagne) !
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Thursday, January 17. 2008
Même si l'Internet existe depuis maintenant plus de 40 ans, l'industrie du nommage reste jeune. Ce n'est en fait que depuis la fin des années 1990 qu'une véritable activité commerciale s'est construite autour du nom de domaine. Ainsi le secteur est en mouvement perpétuel. Toute la "chaîne du nommage" - du particulier propriétaire d'un nom à l'ICANN en passant par les registres, les registrars ou encore les domainers - doit s'adapter à un environnement en mutation constante. En coulisses, les professionnels du nommage ne se ménagent pas pour y faire face, et pour faire évoluer leur industrie. C'est un aspect souvent méconnu du grand public. Il suffit d'assister aux réunions internationales du secteur, comme celle de l'ICANN par exemple (l'accès et gratuit et c'est ouvert à tous), pour y voir un niveau d'implication très élevé du "milieu".
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Thursday, January 10. 2008
Il y a quelques semaines, nous parlions dans Domaines.Info d'un mythe récurrent du nom de domaine. Nous l'avions surnommé le "délit d'initié dans les noms de domaine" il faisait pour la première fois l'objet d'une étude de l'ICANN.
L'existence de ce phénomène, que les Anglais appellent le "Front Running", n'a jamais pu être prouvée. Mais nombreux ceux sont qui sont persuadés que ça existe. En quoi ça consiste ? Pour résumer, il s'agirait d'intercepter les recherches de disponibilités effectuées sur des noms de domaine. Si la personne à l'origine de la recherche ne réserve pas le nom, "l'intercepteur" le prend. Depuis la création d'INDOM, on me demande régulièrement si le fait d'effectuer une recherche sur notre site est sans risque. Certains m'ont même contacté pour m'assurer qu'ils avaient été victimes de Front Running en recherchant des noms sur d'autres sites. J'ajoute que je n'en ai jamais reçu la moindre preuve...
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